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14 août 2008 Recension de Racheter la science Par Jason Gon Certains diraient que la science et la théologie sont antagonistes,  notamment depuis les mouvements de la Haute Critique en théologie et du  naturalisme en science qui sont apparus au XIXe siècle. Dans une certaine  mesure, ce sentiment reflète un problème plus global de la civilisation  occidentale, à savoir celui de la perte des buts unifiant les sphères de la  réalité. Certains préfèreraient ignorer toute relation entre la science et la  théologie, disant qu’elles concernent des sphères si complètement  différentes qu’il n’est même pas possible d’en parler en même temps, la  première appartenant aux salles de classe et au laboratoire, et la deuxième  au sanctuaire. Le Dr Vern Poythress a pris le parti de ce qui peut être appelé  une approche plus traditionnelle de la compréhension du rôle de la science  en tant que moyen de comprendre Dieu, de prendre soin de la création et  d’aider l’homme, nous faisant presque retourner à la révolution scientifique  de la fin du XVIIe siècle. Poythress est diplômé de Caltech (California Institute of Technology) et  Harvard, et possède une expérience dans l’enseignement universitaire; et  ces vingt-cinq dernières années il a été professeur de Nouveau Testament à  la Faculté théologique de Westminster. Par conséquent, il apporte une  perspective unique concernant sa compréhension de la pensée scientifique  et de la théologie, à un haut niveau. Son but dans Racheter la science est  double. Il désire que le lecteur comprenne que la philosophie et la recherche  scientifiques sont de bonnes choses; en tant que chrétien, il désire que le  lecteur embrasse la science comme un moyen de s’aventurer dans la  création, de la gouverner et d’en prendre soin, création que Dieu cultive  activement. Il désire aussi diriger l’attention vers un élément plus élevé  unifiant notre manière de comprendre la connaissance et la recherche, afin  que les individus puissent voir que toute véritable connaissance est  connaissance de Dieu.  Poythress commence son livre par une assertion claire concernant la vision  du monde, à savoir que tous les scientifiques, qu’ils soient des athées  autoproclamés ou des chrétiens traditionnels, croient en Dieu, parce qu’il  affirme que l’on doit travailler avec certaines hypothèses sur le  fonctionnement de l’univers et sur la manière de percevoir son  fonctionnement qui découlent d’une vision du monde cohérente avec la  description que Dieu donne de Lui-même dans les pages de la Bible. Ainsi, il  dit qu’il n’existe pas de neutralité, pas de position qui permette à  l’observateur de la nature de se tenir à l’écart et de faire des déclarations. En raison de la grande importance de la création, tout particulièrement  depuis l’émergence du naturalisme scientifique au XIXe siècle, Poythress  consacre plusieurs chapitres à discuter de différentes théories permettant  de comprendre la création, en tentant une saine analyse herméneutique de  Genèse 1 et 2. Poythress adopte une compréhension de la création reposant  sur un point de vue analogique. Il réalise un travail remarquable quand il  met en avant les forces et les faiblesses des différentes formes de  compréhension de la création, mais il est par-dessus tout soucieux de ne pas  faire dire à la Bible des choses qu’elle ne dit pas, ainsi que de ne pas rendre  notre compréhension de la création incohérente par rapport à ce que nous  savons de Dieu.    La force du livre se trouve surtout dans l’explication par Poythress de la  raison pour laquelle la science devrait bénéficier de l’influence des effets  rédempteurs de Christ. Il accepte une compréhension traditionnelle des  effets du péché et indique comment cette distorsion obscurcit la  connaissance et rend sa compréhension difficile. Poythress défend le fait  que Christ est venu accomplir le mandat culturel – pour restaurer le monde  naturel et pour racheter les relations humaines et la manière de comprendre  le monde –, et il appelle Christ le « scientifique ultime, » c’est-à-dire que le  but de la science est de comprendre la création avec sagesse et dans le cadre  de la domination donnée par Dieu à l’homme. Et puisque Christ a dit le  dernier mot sur la sagesse et sur la création, Il est l’archétype final de ce que  la véritable science devrait poursuivre comme but, notamment en ce qui  concerne les principes et la philosophie.  Poythress est un écrivain qui manifeste de l’objectivité sur le sujet qu’il  traite et sur les autres points de vue que le sien. Il a écrit, sur environ 450  pages, un bon aperçu d’une philosophie des sciences basée sur la théologie  biblique, qui, affirme-t-il, devrait susciter chez tous ses lecteurs une plus  profonde compréhension du monde environnant et les pousser à l’explorer  et à le manipuler avec soin. Certains des sujets qu’il tente de parcourir tels  que les approches théologiques de la physique et de la chimie sont  probablement un peu trop complexes scientifiquement pour le lecteur  moyen qui a laissé très loin derrière lui ses cours de science au lycée.  Cependant, toute personne armée d’un solide fondement scientifique et du  désir de comprendre un cadre théologique chrétien surplombant la réalité,  basé sur les principes premiers, devrait trouver en Racheter la science un  ouvrage bienvenu. Il se s’agit pas d’un débat inter ou intra religieux et  scientifique de plus en soi, mais de la description, du développement et de  l’exégèse de conclusions s’appuyant sur la théologie appliquée. Ce qu’il  souhaite avant tout apporter au lecteur informé, c’est de l’amener à réaliser  l’appel de Dieu à explorer et régir la création divine, en grande partie pour  éprouver le sentiment de découvrir combien Dieu est grand, ce qui fait  partie des privilèges que Dieu octroie à ses créatures. 
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